Trop d'une bonne chose ?
J'ai récemment visité une grande entreprise avec un ami pour l'aider à étudier des possibilités de collaborations. La visite était menée par un cadre de haut niveau.
Cette personne était brillante et très sympathique. Elle nous décrivait les différents stades du processus de prise de commande, de fabrication, et de livraison d'une manière très humoristique. Comme l'ami qui m'accompagnait, j'ai trouvé cela très drôle au début.
Au fur et à mesure de la visite, nous avons commencé à trouver cet humour assez lourd et démotivant.
Quand nous sommes passés dans la salle de réunion pour aborder les projets de partenariat commerciaux, cette personne a continué avec cette auto dérision de plus en plus gênante et nous n'avons pas vraiment pu prendre de décision de collaboration.
En sortant de cette visite, j'ai compris la raison de notre malaise : ces blagues assez drôles au début étaient devenues au fur et à mesure de la visite de plus en plus cyniques.
Cette forme d'humour si particulière, qui consiste à projeter son pessimisme d'une manière humoristique, est beaucoup utilisée par nos humoristes préférés, à la radio. On rit ... Et on en ressort parfois avec un arrière goût de désespoir ...
J'aime beaucoup rire et je ne m'en prive pas.
Je pense aussi que le cynisme à haute dose est un poison pour l'entreprise et pour toute organisation en général.
Lorsque vos équipes ou vous-mêmes commencez à verser dans cette forme d'humour un peu trop facile, c'est souvent un symptôme que quelque chose ne va plus ... C'est parfois un signe de découragement, de pessimisme. Un manque d'adhésion au projet de l'entreprise.
En y participant ou en laissant cela se développer, vous cautionnez cette attitude négative.
Il est parfois bon de couper court si vos cadres ont tendance à trop y recourir. Il est parfois utile d'utiliser la méthode du feedback pour leur en expliquer les conséquences ...

